« Le Maghreb subit l’injustice climatique », extrait de la deuxième journée du Forum Social Maghrébin

« Le Maghreb subit l’injustice climatique », extrait de la deuxième journée du Forum Social Maghrébin

Quelques extraits des échanges qui se sont tenus lors de la deuxième journée du Forum social maghrébin sur la justice sociale et climatique organisé par le Forum Tunisien des Droits Economiques et Sociaux avec la Fondation Friedrich Ebert.

La lutte contre le changement climatique est une lutte contre les inégalités et pour la justice sociale. Les interventions ont dénoncé l’absence de justice sociale et environnementale des choix économiques effectués par les pays du Maghreb pour ensuite mettre la lumière sur les mobilisations sociales existantes et leurs marges de manœuvre.

L’extractivisme au Maghreb : causes et facteurs aggravants des inégalités et du changement climatique (Samia Mouelhi, association eco-consicence, Tunisie)

L’extractivisme est une forme de production qui exploite les ressources naturelles pour l’exportation et a pour conséquence d’accaparer des ressources et accroitre les inégalités. Les revenus produits par l’exportation des ressources naturelles n’ont pas apporté un développement suffisant.

Au Maghreb, les hydrocarbures, mais également l’eau sont extraites et exportées vers les régions littorales ou sur le marché mondial pour servir un modèle industriel dont les régions productrices de ces ressources ne bénéficient pas. Ainsi en Tunisie, l’eau, est prélevée dans les régions agricoles, pour servir notamment l’industrie touristique sur le littoral au détriment de l’agriculture dans les régions du centre du pays. Le modèle économique conduit à un pillage des ressources en eau pour un modèle tourné vers l’exportation. Cette situation renforce les inégalités car il ne peut y avoir de développement économique sans eau.

Cette situation d’injustice se cumule avec l’injustice climatique : les pays du Maghreb ne sont pas directement contributeurs du changement climatique et pourtant ils sont les victimes directes. Par exemple, la Tunisie contribue au réchauffement climatique à hauteur de 0,07%.

injustice climatique

L’injustice climatique : les victimes du changement climatiques ne sont pas les responsables. Carte des émissions de gaz à effet de serre par pays en 2012. source: présentation lors du Forum social maghrébin du 26 mai 2016, Association  Environnementale « Eco-Conscience »

 

Mohsen Kalboussi – au cœur des revendications pour une justice sociale et climatique : la protection des sociétés et de leur environnement contre les effets es pollutions et du changement climatique

La Tunisie est témoin d’un grand nombre de mobilisations sociales sur des questions environnementales. Des mouvements sociaux portent des luttes pour l’accès à l’eau, ou contre la pollution, contre la mauvaise gestion des déchets et les problèmes majeurs de santé publique qu’ils entrainent. On peut citer à Sfax les mobilisations contre SIAPE, une usine de transformation du phosphate, le mouvement de Jradou qui a poussé vers la fermeture d’un site d’exploitation des déchets (voir SOS BIAA), les mouvements sociaux liés au phosphate, liés à la pollution à Sfax et Gabes, contre la pollution marine dans la baie de Monastir, contre pollution de l’air dans la région de Sidi Bouzid

Ces pollutions entrainent la pollution des oasis, des littoraux mais sont surtout des questions de justice sociale majeure par les dangers qu’ils font courir pour la santé et la sécurité des populations voisines aux sources de pollution. Ainsi dans la région de Tétouan, le recours à des sources d’eau polluées a entrainé de nombreux cas d’hépatite A. ils sont également des questions de justice sociale quand l’appropriation des ressources naturelles et de l’eau en particulier conduit au tarissement de la nappe phréatique, comme c’est le cas pour la cimenterie de Gabes.

La contestation de ces injustices sociales est portée par des mouvements locaux qui n’ont pas de relai médiatique. Les revendications restent locales, n’interrogent pas nécessairement les causes des problèmes environnementaux attaqués et il est très difficile d’envisager une convergence.

 

Ines

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